Travail indépendant
L'indépendant (ou travailleur non salarié) exerce une activité lucrative pour son propre compte et à ses propres risques, sans lien de subordination envers un employeur. En Suisse, ce statut implique un régime d'assurances sociales spécifique, avec des charges plus lourdes sur certains postes et l'absence de couverture chômage.
Critères de reconnaissance du statut indépendant
Les caisses de compensation AVS évaluent le statut d'indépendant selon plusieurs critères :
- Risque économique : l'indépendant supporte lui-même le risque de gain ou de perte.
- Liberté d'organisation : il détermine librement ses horaires, méthodes de travail et peut se faire remplacer.
- Multiplicité des clients : un seul donneur d'ordre peut amener la caisse à requalifier le statut en salarié (pseudo-indépendant).
- Investissements propres : l'indépendant utilise son propre matériel ou ses propres locaux.
La requalification en salarié par la caisse AVS est fréquente dans les professions libérales, l'IT et les métiers créatifs lorsque la relation ressemble à un emploi déguisé. Les conséquences sont un rappel de cotisations employeur rétroactif pour le donneur d'ordre.
Cotisations sociales de l'indépendant
L'indépendant reconnu cotise à l'AVS/AI/APG à un taux global de 10 % sur le revenu net (contre 5,3 % salarié + 5,3 % employeur = 10,6 % pour un salarié). Un barème dégressif s'applique pour les revenus inférieurs à environ 57 400 CHF par an.
Points importants :
- Assurance chômage (LACI) : les indépendants n'y sont pas soumis et n'y ont pas droit.
- LPP (2e pilier) : affiliation volontaire possible auprès de la Fondation institution supplétive LPP. Plafond de déduction pilier 3a : 36 288 CHF (2026) au lieu de 7 258 CHF pour les salariés.
- LAA (accidents) : couverture accidents professionnels à souscrire volontairement.
Régime fiscal
Les indépendants déclarent leur revenu d'activité lucrative indépendante dans leur déclaration d'impôts cantonale et fédérale. Les charges professionnelles justifiées (loyer bureau, matériel, frais de déplacement, formation) sont déductibles. La comptabilité n'est obligatoire sous forme de bilan/compte de résultat qu'à partir de 500 000 CHF de chiffre d'affaires annuel (CO 957). En dessous, une comptabilité simplifiée recettes-dépenses suffit.