Convention collective hôtellerie-restauration Suisse (L-GAV) : droits et salaires 2026
Le secteur de l'hôtellerie et de la restauration en Suisse est régi par le Contrat collectif de travail national (L-GAV — Landes-Gesamtarbeitsvertrag des Gastgewerbes). Cette CCT fixe les salaires minimaux, la durée du travail, les indemnités de repas et d'hébergement, et les droits en cas de congé maladie. Voici ce qu'elle prévoit pour les quelque 240 000 employés du secteur.
L'hôtellerie-restauration est l'un des secteurs les plus importants en termes d'emploi en Suisse, avec plus de 240 000 collaborateurs directs selon les données de GastroSuisse et de hotelleriesuisse. C'est également un secteur historiquement marqué par la précarité, les horaires atypiques et un turn-over élevé. Le L-GAV constitue le principal filet de protection pour les employés du secteur — il est à force obligatoire générale, ce qui signifie qu'il s'applique même aux employeurs qui ne sont pas membres des associations patronales signataires.
- Salaires minimaux par fonction (4 niveaux) négociés annuellement par GastroSuisse et Unia/SEV
- Durée hebdomadaire : 42 heures avec possibilité de modulation annuelle
- 13e salaire obligatoire et 5 semaines de vacances minimum
- Indemnités repas et hébergement réglementées si fournis par l'employeur
- Délai de congé : 1 mois pendant les 3 premières années, 2 mois au-delà
Champ d'application du L-GAV
Le L-GAV couvre les établissements de restauration, d'hôtellerie, de cafétéria, de traiteur et de service de banquets en Suisse. Ne sont pas couverts : les cantines d'entreprises intégrées (soumises à d'autres CCT), les gérants indépendants, les services alimentaires dans les hôpitaux ou les EMS (qui ont leurs propres conventions). Pour les travailleurs saisonniers — notamment dans les stations alpines — une annexe spéciale du L-GAV prévoit des adaptations sur la durée du travail et le logement.
Les travailleurs frontaliers et les détachés européens affectés à des établissements suisses sont également soumis au L-GAV pour la durée de leur séjour, dans le cadre des Mesures d'accompagnement (FlaM). Un restaurateur genevois ou lausannois qui fait appel à un prestataire étranger ne peut pas payer en dessous des minima du L-GAV — les inspections sont régulières et les sanctions financières.
Salaires minimaux L-GAV 2026
Le L-GAV distingue 4 niveaux de qualification avec des salaires minimaux correspondants (montants mensuels bruts, 42 h/semaine) :
| Niveau | Profil | Salaire mensuel brut |
|---|---|---|
| Niveau 1 | Employé sans qualification spécifique | CHF 3 770 |
| Niveau 2 | Employé qualifié (CFC ou 2 ans d'expérience) | CHF 4 340 |
| Niveau 3 | Chef de rang, réceptionniste, chef de partie | CHF 4 885 |
| Niveau 4 | Responsable de département, chef de cuisine | CHF 5 650+ |
Note : les montants sont réévalués chaque année. Dans les cantons de Genève et Vaud, des minima cantonaux peuvent s'appliquer si plus favorables. Se référer aux circulaires officielles de la commission paritaire pour les chiffres actualisés.
Durée du travail et heures supplémentaires
La durée hebdomadaire de travail est fixée à 42 heures dans le L-GAV. Le secteur bénéficie d'une flexibilité horaire importante grâce au principe de modulation annuelle : les heures travaillées en haute saison peuvent être compensées en basse saison, dans la limite d'un crédit maximal défini par la convention. Les heures qui dépassent le crédit maximal doivent être payées avec un supplément de 25 %.
Le travail de nuit (entre 23h et 6h) donne droit à un supplément salarial de 20 %. Le travail du dimanche et des jours fériés est compensé par un congé équivalent ou, si impossble, par une majoration financière. Les modalités précises varient selon l'annexe cantonale applicable.
Repas, hébergement et autres avantages en nature
Lorsqu'un employeur fournit des repas ou un logement, des montants forfaitaires déductibles du salaire sont fixés par le L-GAV. Pour les repas : CHF 3.50 par repas maximum déductible. Pour le logement : CHF 11.50 par jour maximum déductible. Ces plafonds empêchent que les avantages en nature soient utilisés pour contourner les minima salariaux — une pratique qui existait avant l'introduction de la CCT à force obligatoire.
Questions fréquentes — CCT hôtellerie-restauration Suisse
Mon employeur peut-il déduire les repas et le logement de mon salaire ?
Oui, mais dans les limites fixées par le L-GAV (CHF 3.50 par repas, CHF 11.50 par nuit). Ces déductions ne peuvent pas ramener le salaire en dessous des minimaux L-GAV. Si l'employeur déduit plus que ces montants, ou si les déductions amènent votre salaire sous le minimum de votre niveau, il y a infraction à la CCT. La commission paritaire cantonale compétente peut traiter les plaintes.
Le L-GAV s'applique-t-il aux apprentis dans la restauration ?
Non. Les apprentis en hôtellerie-restauration sont couverts par les contrats d'apprentissage et les barèmes cantonaux de rémunération des apprentis, pas par le L-GAV. En revanche, dès la fin de l'apprentissage et l'obtention du CFC, l'employé bénéficie du niveau 2 du L-GAV s'il reste dans le secteur. Les extras et les étudiants employés ponctuellement sont eux bien soumis au L-GAV — les employeurs ne peuvent pas les payer en dessous des minima sous prétexte de la courte durée de l'engagement.
Quels sont les délais de congé dans la restauration-hôtellerie ?
Le L-GAV prévoit un délai de congé d'un mois pour la fin d'un mois pendant les trois premières années de service, et deux mois dès la quatrième année. Ces délais s'appliquent dans les deux sens. Durant les périodes de protection maladie (30 jours la première année, 90 jours dès la 6e année selon le CO), le délai de congé est suspendu — l'employeur ne peut pas mettre fin au contrat pendant cette période même si la résiliation est antérieure à l'arrêt maladie.