Mis à jour : avril 2026

En Suisse, les travailleurs du bâtiment sont couverts par l'une des conventions collectives de travail (CCT) les plus complètes du pays. Le Contrat national du bâtiment (LMV) est une convention nationale à force obligatoire générale — elle s'applique à tous les employeurs du secteur principal de la construction, qu'ils soient membres ou non des associations signataires. Un maçon, un coffreur ou un ferrailleur travaillant pour une PME de 5 personnes bénéficie des mêmes droits de base qu'un salarié d'une grande entreprise comme Implenia ou Marti.

L'essentiel du LMV construction Suisse
  • Salaires minimaux par classe (classe A à F) selon qualification et ancienneté — négociés annuellement
  • Délai de congé : 1 mois pendant les 5 premières années, 2 mois au-delà (supérieur au CO)
  • Retraite anticipée obligatoire à 60 ans (PaBK) pour les travailleurs ayant suffisamment de cotisations
  • Indemnités intempéries : maintien du salaire en cas d'arrêt pour mauvais temps, financées par une caisse paritaire
  • 13e salaire obligatoire, vacances de 5 semaines minimum

Champ d'application : qui est couvert par le LMV ?

Le LMV couvre le secteur principal de la construction : gros œuvre, génie civil, pose de routes, terrassement, démolition, maçonnerie, béton armé. Il ne couvre pas les métiers du second œuvre (électricité, plomberie, peinture, carrelage) qui ont leurs propres CCT sectorielles. Les travailleurs frontaliers et les détachés de l'UE travaillant sur des chantiers suisses sont également soumis au LMV pour la durée de leur mission en Suisse — c'est l'une des principales protections des Mesures d'accompagnement (FlaM) contre le dumping salarial.

Pour savoir si votre employeur est soumis au LMV, vérifiez si son activité principale est le bâtiment au sens large. En cas de doute, la Commission paritaire nationale du bâtiment (CPNB) peut être consultée directement — elle dispose d'un registre des employeurs et peut confirmer l'assujettissement.

Salaires minimaux dans la construction suisse 2026

Le LMV définit des classes salariales selon la qualification. Les montants sont négociés chaque année entre la Société Suisse des Entrepreneurs (SSE) et le Syndicat Unia. Les classes principales pour 2026 sont les suivantes (salaire mensuel brut, 41,5 h/semaine) :

Classe Profil Salaire mensuel brut
Classe A Travailleur non qualifié CHF 4 970
Classe B Travailleur qualifié (CFC ou équivalent) CHF 5 580
Classe C Spécialiste / chef d'équipe CHF 6 050
Classe D–F Contremaître / cadre chantier CHF 6 500 – 8 000+

Note : les montants exacts varient selon les négociations annuelles et la région. Se référer aux circulaires CPNB pour les chiffres actualisés.

Délais de congé dans la construction

Le LMV prévoit des délais de congé plus favorables que le Code des obligations. Pendant les 5 premières années de service : 1 mois pour la fin d'un mois. Dès la 6e année : 2 mois pour la fin d'un mois. Ces délais s'appliquent dans les deux sens — l'employeur et le salarié doivent tous deux les respecter, ce qui protège les travailleurs d'un secteur où la précarité saisonnière est fréquente.

Pendant les périodes de mauvais temps justifiant un arrêt de chantier, le contrat n'est pas suspendu : le salarié reste couvert par la caisse intempéries et perçoit une indemnité correspondant à 80 % du salaire brut.

Retraite anticipée à 60 ans (PaBK)

L'une des spécificités majeures du LMV est la retraite anticipée du bâtiment (Pensionskasse Bau — PaBK). Les travailleurs du secteur ayant cotisé suffisamment peuvent prendre leur retraite à 60 ans, soit 5 ans avant l'âge AVS ordinaire. Cette disposition reconnaît la pénibilité physique des métiers du bâtiment. La rente est financée conjointement par les cotisations des employeurs et des salariés via la fondation PaBK, gérée paritairement.

Pour en bénéficier, le travailleur doit avoir cotisé au moins 20 ans dans le secteur de la construction et ne pas exercer d'activité lucrative après 60 ans. Les informations actualisées sur les conditions sont disponibles sur le site de la PaBK.

Autres droits clés prévus par le LMV

Le 13e salaire est obligatoire dans la construction — il est versé en décembre ou proratisé en cas de départ en cours d'année. Les vacances sont de 5 semaines minimum (25 jours ouvrables), avec une 6e semaine à partir de 50 ans. Les frais de déplacement entre le domicile et le chantier sont pris en charge par l'employeur selon des barèmes définis. En cas de déplacement imposant un logement hors domicile, l'employeur doit prendre en charge les frais d'hébergement ou payer une indemnité journalière.


Questions fréquentes — CCT construction Suisse

Le LMV s'applique-t-il aux travailleurs intérimaires dans la construction ?

Oui. Les travailleurs intérimaires affectés à des chantiers relevant du LMV doivent percevoir des salaires au moins équivalents à ceux du LMV pour la durée de la mission. La CCT du travail temporaire prévoit également un ajustement des conditions aux CCT du secteur utilisateur, ce qui limite le dumping salarial via l'intérim dans le bâtiment. Les agences intérimaires qui ne respectent pas cette règle sont exposées à des sanctions des commissions paritaires.

Que faire si mon employeur ne respecte pas le LMV ?

La Commission paritaire nationale du bâtiment (CPNB) est l'organe de contrôle. Elle peut effectuer des inspections sur les chantiers, vérifier les fiches de paie et infliger des amendes. En parallèle, le salarié peut déposer une plainte auprès de l'inspection cantonale du travail. Unia, le syndicat principal du bâtiment, dispose d'un service juridique qui accompagne gratuitement les travailleurs affiliés dans les démarches de réclamation salariale.

Quelle est la différence entre le LMV et une CCT cantonale dans la construction ?

Le LMV est une convention nationale qui s'impose à tout le secteur principal de la construction en Suisse. Certains cantons ont des CCT complémentaires qui peuvent prévoir des conditions supérieures — notamment Genève, Vaud et Zürich. En cas de superposition, c'est toujours la convention la plus favorable au salarié qui s'applique. Les travailleurs en Suisse romande doivent vérifier à la fois le LMV et l'éventuelle CCT cantonale applicable dans leur canton, notamment pour les salaires minimaux qui peuvent différer.

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