Mis à jour : juin 2026

La discrimination à l'embauche est documentée en Suisse. Des tests de correspondance montrent des taux de rappel inférieurs pour des CVs identiques envoyés avec des noms d'origine étrangère. La discrimination liée au genre, à l'âge et au handicap est également présente, difficile à quantifier précisément mais réelle.

Ce que la loi suisse interdit
  • Discrimination basée sur le sexe dans toutes les phases de la relation de travail (LEg).
  • Discrimination fondée sur une caractéristique personnelle injustifiée lors du recrutement (CO art. 328).
  • Questions illégales lors d'un entretien: état de santé, grossesse, religion, orientation sexuelle.
  • Discriminations liées aux données personnelles excessives collectées (LPD, Loi sur la protection des données).

Ce que la loi suisse interdit vraiment lors du recrutement, et ce qui reste légal

La discrimination liée au nom ou à l'origine perçue est souvent inconsciente: les CVs avec des noms à consonance suisse reçoivent plus de convocations que des CVs identiques avec des noms d'Afrique subsaharienne ou du Moyen-Orient. La discrimination liée à l'âge est structurelle pour les profils de plus de 50 ans, mais peu poursuivie faute de loi spécifique contre la discrimination par l'âge.

Les questions illégales en entretien constituent une discrimination directe: demander si une candidate est enceinte ou prévoit de l'être, demander l'état civil, la religion ou l'orientation sexuelle dépasse les limites légales. Ces questions sont interdites car elles permettent une décision discriminatoire. En pratique, la sanction est difficile à obtenir car la preuve est rare.

Conseil pratique

Si vous êtes exposé à une question illicite en entretien, notez immédiatement la question, la date et l'identité du recruteur. Cette documentation est indispensable si vous souhaitez déposer un signalement auprès du Bureau cantonal de l'égalité.

La discrimination indirecte: les critères "neutres" qui excluent sans le dire

La discrimination indirecte passe par des critères d'apparence neutre: exiger la "parfaite maîtrise du dialecte suisse-allemand" pour un poste romand sans contact alémanique, ou exiger des "références suisses uniquement" pour un profil expérimenté à l'étranger. Démontrer l'effet défavorable disproportionné sur un groupe protégé sans justification professionnelle valide est possible mais requiert un standard probatoire élevé.

En Suisse, aucun employeur privé n'est obligé de justifier un refus de candidature. La discrimination à l'embauche est documentée, mais les recours individuels restent l'exception.

Les recours réels, et pourquoi la stratégie proactive est souvent plus efficace

Les recours sont limités car l'employeur n'est pas obligé de justifier un refus. La LEg offre le levier le plus fort pour les discriminations liées au genre. Options pratiques: signaler au Bureau cantonal de l'égalité (gratuit, confidentiel), contacter un syndicat, ou saisir le tribunal civil pour les cas documentés.

Une stratégie proactive est plus efficace que réactive: optimiser le CV pour dépasser le filtre ATS, obtenir des recommandations internes qui court-circuitent le tri automatique, et cibler les employeurs avec des politiques de diversité formalisées réduisent l'exposition à la discrimination systémique.

Règle d'or

La LEg s'applique à toutes les phases de la relation de travail, y compris le recrutement. Pour les discriminations liées au sexe, le renversement de la charge de la preuve s'applique dès que vous rendez vraisemblable l'inégalité de traitement.

Pour approfondir votre lecture, notre guide de négociation salariale détaille les arguments qui fonctionnent auprès des recruteurs suisses. Le simulateur brut/net montre le montant net effectif après déductions AVS, LPP et impôt à la source. Notre guide pour travailler en Suisse en tant qu'étranger couvre les conditions d'accès pour les candidats non-ressortissants. La page sur les permis de travail (B, C, G, L) détaille les délais et conditions de chaque statut. Pour des références salariales intersectorielles, notre guide des salaires en Suisse propose des benchmarks par secteur et niveau d'expérience.


Questions fréquentes

Un employeur est-il obligé de justifier un refus de candidature en Suisse ?

Non. Les employeurs privés ne sont pas légalement tenus de justifier leurs décisions de recrutement. C'est une différence majeure avec certains pays comme la France. La demande de feedback est possible et souvent accordée, mais refus de la donner est légal. L'absence de justification complique la preuve d'une discrimination.

Est-il légal de demander une photo sur un CV en Suisse ?

Légalement, les employeurs ne peuvent pas exiger une photo, mais ils peuvent l'accepter si le candidat la fournit volontairement. En pratique, la photo est courante dans les candidatures suisses romandes. Des études montrent un biais potentiel lié à l'apparence physique perçue sur photo. Des candidats qui préfèrent ne pas inclure de photo ne sont pas désavantagés légalement, mais certains recruteurs peuvent le noter.

Comment réagir à une question discriminatoire lors d'un entretien en Suisse ?

Plusieurs options: répondre poliment et éluder ("je préfère me concentrer sur mes compétences pour ce poste"), refuser explicitement de répondre tout en maintenant la conversation, ou mettre fin à l'entretien. Si la question est liée à une grossesse ou à la religion, noter la question et le contexte (date, intervieweur) pour un éventuel recours ultérieur. Le Bureau cantonal de l'égalité peut conseiller sur les suites à donner.

Quelles sont les déductions sociales obligatoires sur un salaire suisse ?

En Suisse, les déductions sociales obligatoires sur le salaire brut comprennent : l'AVS/AI/APG (cotisation salarié 5,3 %), l'AC (assurance-chômage, 1,1 % jusqu'à CHF 148'200), et la prévoyance professionnelle LPP (taux variable selon l'âge et le fonds, généralement 3 à 9 % du salaire assuré). Au total, les déductions sociales représentent environ 12 à 20 % du salaire brut selon l'âge et le plan de pension. L'assurance-maladie (LAMal) est payée séparément par l'assuré, elle n'apparaît pas sur la fiche de salaire. Pour visualiser votre net en quelques clics, utilisez notre simulateur brut/net.

Comment négocier un salaire ou une augmentation en Suisse ?

En Suisse, la négociation salariale se prépare avec des données objectives : les statistiques de l'OFS (ESS), les enquêtes salariales de salary.ch, Salarium ou Robert Half servent de référence. Mentionner des réalisations mesurables (chiffre d'affaires généré, coûts réduits, délais tenus) est plus efficace que de citer son ancienneté ou son coût de la vie. Le moment optimal pour négocier est lors de l'offre initiale ou lors de l'entretien annuel, pas en cours de période d'essai. Les employeurs suisses acceptent généralement une contre-proposition unique, pas de multiples allers-retours. Notre guide de négociation salariale détaille les scripts et les erreurs à éviter.

Sources

Loi sur l'égalité (LEg) · Code des obligations (CO art. 336 al. 1 lit. a) · SECO

Note légale

Ces informations sont générales et ne constituent pas un conseil juridique. Pour votre situation personnelle, consultez un avocat spécialisé en droit du travail ou un syndicat (SIT Genève, Unia, SCIV Valais).