Mis à jour : juin 2026
10-15 jdélai de réponse à fixer
70-80 %résolus sans justice
30'000 CHFseuil conciliation gratuite
Art. 330aCode des obligations

En Suisse, l'employeur est tenu d'établir un certificat de travail sur demande du salarié, à tout moment pendant l'emploi et après sa cessation. Le certificat doit couvrir la nature et la durée des rapports ainsi que les prestations et la conduite du salarié.

En résumé: les étapes pour contester

1
Identifier les problèmes dans le certificat
Lire attentivement chaque formulation. Les formules codées négatives les plus fréquentes: "il a toujours donné entière satisfaction" (le "toujours" peut sonner comme une façade), "nous avons apprécié sa façon de travailler" (vague), ou l'absence de mention des responsabilités managériales.
2
Rédiger une mise en demeure écrite
Lettre recommandée à l'employeur listant les points à corriger, avec une proposition de reformulation pour chacun.
Délai de réponse: 10 à 15 jours
3
Tentative de conciliation si refus
Saisir l'autorité de conciliation prud'homale. Gratuite pour les litiges inférieurs à 30'000 CHF, elle permet souvent un accord en quelques semaines.
4
Action judiciaire si nécessaire
En dernier recours, le tribunal du travail peut ordonner la correction ou la réémission du certificat selon le principe de vérité bienveillante.
Bon à savoir

La mise en demeure écrite suffit dans la majorité des cas: elle résout 70 à 80 % des contestations sans aller en justice.

Les formules codées à repérer absolument

Le certificat de travail suisse a développé un langage codé que les DRH expérimentés connaissent. Certaines formules apparemment neutres sont des signaux négatifs. Les plus problématiques: l'absence de mention de la ponctualité ou de la fiabilité, une description des tâches en dessous de la réalité, l'absence de regrets formulés par l'employeur, et "nous lui souhaitons succès et bonheur dans l'avenir" sans "dans ses nouvelles fonctions" (suggère une incertitude).

À l'inverse, un bon certificat contient: une mention explicite de la qualité du travail, une confirmation de la fiabilité et de la ponctualité, des regrets à la séparation, et une recommandation sans réserve. Pour un manager, il mentionne les responsabilités d'encadrement. Pour un commercial, il cite les résultats atteints si possible.

Un certificat qui omet plutôt qu'il ne critique: c'est souvent l'absence qui parle, pas la formule.

Que peut-on demander de modifier ?

Vous pouvez demander la correction de tout élément inexact, incomplet ou codé négativement. Vous ne pouvez pas demander des louanges excessives par rapport à votre performance réelle. Le juge arbitre selon trois critères: le certificat doit être vrai, complet et bienveillant. En cas de litige sur les faits, le tribunal peut demander des preuves des deux côtés.


Questions fréquentes

Dans quel délai peut-on contester un certificat de travail en Suisse ?

Il n'y a pas de délai légal de prescription: le droit à un certificat conforme est imprescriptible selon la jurisprudence. En pratique, contester rapidement reste recommandé, les preuves et témoignages sont plus accessibles. Attendre plus de 2 ans peut affaiblir votre position en justice, même si le droit formel reste intact.

L'employeur peut-il refuser d'établir un certificat de travail ?

Non. L'article 330a CO fait de l'établissement du certificat une obligation légale, à tout moment sur demande du salarié. Un refus peut être contraint par voie judiciaire. La demande doit être faite par écrit (recommandé) pour preuve en cas de litige. Sans réponse en 10-15 jours, vous pouvez directement saisir l'autorité de conciliation.

Le certificat intermédiaire (Zwischenzeugnis) a-t-il la même valeur ?

Oui, juridiquement. Le salarié peut le demander à tout moment pendant l'emploi (changement de poste, entretien chez un autre employeur). Il a les mêmes exigences légales que le certificat final, mais rédigé au présent plutôt qu'au passé. L'employeur doit mettre à jour les informations pour le certificat final si la situation a évolué.

Sources

Code des obligations (CO) · SECO · admin.ch · Tribunal fédéral