Mis à jour : mai 2026

Le droit suisse du travail (CO art. 336 à 336b) prévoit deux voies de contestation selon le motif : le licenciement abusif (mauvais motif ou représailles) et le licenciement nul (interdit, par exemple pendant la maladie). Les deux nécessitent une action rapide avec des délais stricts.

En résumé : les étapes pour contester

  1. Étape 1 — Opposition écrite immédiate : adresser une opposition écrite à l'employeur avant la fin du délai de congé. Cette opposition doit être envoyée en recommandé et indiquer que vous contestez le licenciement. Elle n'arrête pas le congé mais préserve vos droits. Délai : avant la date de fin du contrat.
  2. Étape 2 — Évaluation du motif avec un conseiller : analyser si le licenciement est abusif (représailles syndicales, discrimination, exercice d'un droit légal) ou nul (pendant la grossesse, la maladie, le service militaire). Un conseiller juridique ou un syndicat peut évaluer la situation gratuitement ou à faible coût.
  3. Étape 3 — Tentative de conciliation (Schlichtung) : la saisine de l'autorité de conciliation compétente (en général le tribunal du travail ou la chambre de conciliation cantonale) est obligatoire avant tout procès. Cette étape est gratuite en matière de droit du travail pour les montants inférieurs à 30 000 CHF. Délai : 180 jours après la fin du contrat pour les litiges pécuniaires.
  4. Étape 4 — Action en justice si échec de la conciliation : si la conciliation échoue, une action en justice peut être déposée dans les 30 jours suivant l'audience de conciliation. Le tribunal compétent est le tribunal des prud'hommes cantonal. La procédure simplifiée (sans représentation obligatoire par avocat) s'applique jusqu'à 30 000 CHF.

Ce que vous pouvez obtenir : l'indemnité pour licenciement abusif

Le Code des obligations suisse (art. 336a) prévoit une indemnité de 2 à 6 mois de salaire en cas de licenciement abusif reconnu par le tribunal. Ce montant est une indemnité et non une réintégration : le contrat reste résilié. Le juge fixe le montant en fonction de la gravité de l'abus, de la durée des rapports de travail et des conséquences économiques pour le salarié. L'indemnité maximale de 6 mois est rare et réservée aux cas les plus graves (licenciement de représentants du personnel pendant leur mandat, licenciement clairement discriminatoire, représailles documentées).

Pour les licenciements nuls (pendant la maladie, la grossesse, le service militaire ou civil), l'employeur ne peut pas mettre fin au contrat. Si un licenciement est notifié pendant une de ces périodes protégées, il ne prend pas effet pendant la période de protection. Le délai de congé recommence à courir à la fin de la période protégée. Ce mécanisme est automatique et ne nécessite pas d'action judiciaire particulière, mais il faut informer l'employeur par écrit dès réception du licenciement.

Erreurs fréquentes qui font perdre la procédure


Questions fréquentes

Peut-on contester un licenciement en Suisse sans avocat ?

Oui, pour les litiges inférieurs à 30 000 CHF. La procédure simplifiée (CPC art. 243) permet à une partie de se représenter elle-même. Le tribunal du travail peut lui-même interroger les parties et contribuer à l'établissement des faits (instruction d'office). Pour les montants supérieurs à 30 000 CHF, la procédure ordinaire s'applique et un avocat est fortement conseillé. De nombreux syndicats suisses (Unia, SIT, Syna) offrent une assistance juridique gratuite à leurs membres en cas de licenciement contesté.

Peut-on toucher le chômage pendant la procédure de contestation ?

Oui. L'inscription au chômage et la procédure de contestation du licenciement sont indépendantes. Il est conseillé de s'inscrire à l'ORP dès la notification du licenciement (sans attendre la fin du délai de congé) pour ne pas perdre des jours d'indemnités. La procédure judiciaire ne suspend pas les droits au chômage. Si le salarié obtient une indemnité pour licenciement abusif, la caisse de chômage peut récupérer une partie des indemnités versées pendant la période de litige selon les règles de coordination.

Que se passe-t-il si le licenciement est intervenu pendant un arrêt maladie ?

Un licenciement notifié pendant un arrêt maladie est suspendu pendant la période de protection (30 jours la première année, 90 jours de 2 à 5 ans d'ancienneté, 180 jours après 5 ans). Si le licenciement a été notifié avant l'arrêt maladie, le délai de congé est gelé pendant la maladie et reprend après la guérison. Il faut informer immédiatement l'employeur par écrit de l'arrêt maladie et joindre un certificat médical. Si le licenciement est intervenu pendant la maladie, il ne prend pas effet — mais vous devez le signaler explicitement à l'employeur.