Mis à jour : juin 2026
3 mois durée légale maximale, réductible par accord écrit
4–6 sem. réduction réaliste à demander pour un profil expérimenté

La période d'essai suisse (CO art. 335b) permet à l'une ou l'autre partie de mettre fin au contrat avec un préavis de 7 jours. C'est une période de risque pour le salarié: un licenciement pendant l'essai n'ouvre pas droit à une indemnité pour licenciement abusif.

En résumé: les étapes pour négocier

1
Évaluer si la demande est légitime
Appropriée si vous arrivez d'un poste similaire, êtes déjà connu de l'employeur, ou avez une proposition concurrente. Pas pour un premier poste dans le secteur.
2
Choisir le bon moment
Après l'offre verbale ou écrite, avant la signature. Une fois signé, très difficile de rouvrir ce point.
3
Formuler la demande positivement
"Compte tenu de mon expérience directe, je suggère une période d'essai de 4 à 6 semaines plutôt que 3 mois": souligner l'engagement, pas la méfiance.
4
Accepter les compromis raisonnables
Si l'employeur maintient 3 mois: demander un entretien formel à mi-essai avec retour écrit, ou une clause de raccourcissement par accord mutuel.

Ce qui se négocie et ce qui ne se négocie pas

La durée de la période d'essai est librement négociable entre les parties, dans les limites légales (maximum 3 mois pour les CDI, non extensible sauf en cas de maladie, d'accident ou de service militaire du salarié pendant l'essai). En revanche, la période d'essai ne peut pas être supprimée pour certains profils soumis à des réglementations sectorielles (certains postes dans le secteur bancaire ou les assurances).

Ce qui n'est pas négociable: le préavis de 7 jours pendant l'essai (c'est un minimum légal), les droits fondamentaux du salarié (le salarié ne peut pas être traité différemment pendant l'essai), et les obligations de l'employeur en matière de sécurité et de santé. Un employeur ne peut pas allonger la période d'essai au-delà de 3 mois dans un CDI, même si le salarié y consent par écrit: tout accord contraire est nul de plein droit (CO art. 335b).

Les pièges à éviter lors de la négociation

Demander une suppression totale de la période d'essai signale de l'arrogance. Demander une réduction à 5 semaines signale de la confiance. La différence tient à un seul mot.

Questions fréquentes

Peut-on être licencié sans raison pendant la période d'essai en Suisse ?

Oui. Pendant la période d'essai suisse, les deux parties peuvent résilier le contrat avec un préavis de 7 jours, sans avoir à fournir de motif. Le licenciement abusif (art. 336 CO) s'applique pendant l'essai si le motif est contraire à la bonne foi (ex: représailles pour avoir signalé un problème de sécurité). Mais en pratique, les preuves d'abus sont difficiles à apporter et les cas de contestation pendant l'essai restent rares. La protection principale pendant l'essai est celle contre les licenciements nuls (maladie, grossesse, service militaire).

La période d'essai est-elle automatiquement prolongée en cas de maladie ?

Oui. Si le salarié est absent pour cause de maladie, d'accident ou d'obligation légale (service militaire) pendant la période d'essai, celle-ci est prolongée d'autant de jours que dure l'absence. Par exemple, une période d'essai de 3 mois avec une absence de 10 jours pour maladie devient une période d'essai de 3 mois + 10 jours. Cette règle s'applique même si l'absence est courte. Elle protège l'employeur qui n'a pas pu évaluer pleinement le salarié pendant l'essai.

Peut-on négocier la période d'essai pour un CDD en Suisse ?

Oui, mais les règles sont différentes. Pour un CDD, la période d'essai maximale est d'un mois (CO art. 335b al. 3). Si le CDD dure moins de 3 mois, une période d'essai n'est légalement pas prévue mais peut être contractuellement convenue. La suppression de la période d'essai dans un CDD est plus facile à négocier que dans un CDI, car l'engagement de l'employeur est déjà limité dans le temps.

Sources

OFS ESS 2022 · SECO · admin.ch