Plan social
Le plan social est un accord entre l'employeur et les représentants des salariés (délégation du personnel ou syndicat) définissant les mesures d'accompagnement des salariés touchés par un licenciement collectif ou une restructuration. Contrairement à certains pays voisins, la Suisse n'impose pas légalement de plan social, sauf exception.
Absence d'obligation légale générale
Le Code des obligations (CO 335e-335h) prévoit une procédure de consultation en cas de licenciements collectifs mais ne prescrit pas un plan social obligatoire avec un contenu minimum. L'obligation de négocier un plan social n'existe en droit suisse que pour les entreprises de 250 salariés et plus engagées dans une restructuration, et encore uniquement si une CCT applicable le prévoit expressément.
En pratique, les grandes entreprises (et surtout les filiales de multinationales) proposent systématiquement des plans sociaux lors de réductions d'effectifs significatives, pour des raisons de réputation, de relations sociales et de gestion des risques juridiques.
Contenu typique d'un plan social suisse
Un plan social négocié en Suisse romande comprend généralement :
- Indemnité de départ : calculée selon une formule intégrant l'ancienneté et le salaire (ex. : 1 mois de salaire par année de service, plafonné à 24 mois). Ces indemnités sont imposables mais non soumises aux cotisations sociales ordinaires (sous réserve de qualification fiscale cantonale).
- Outplacement : accompagnement à la recherche d'emploi par un cabinet spécialisé (voir reclassement professionnel) (coaching CV, réseau d'employeurs), souvent de 3 à 12 mois.
- Maintien des avantages : prolongation de l'assurance maladie collective, du véhicule de fonction pendant le délai de congé, ou de l'accès à la formation.
- Mesures de reconversion : financement de formations qualifiantes pour les postes supprimés.
- Cellule de reclassement interne : priorité aux postes ouverts dans d'autres entités du groupe.
Fiscalité des indemnités de plan social
Les indemnités versées dans le cadre d'un plan social sont imposables à titre de revenu ordinaire. Certains cantons (dont Genève et Vaud) permettent un étalement de l'imposition sur plusieurs années ou appliquent un taux spécial pour les indemnités de licenciement importantes. Il est conseillé de consulter un conseiller fiscal dès la signature du plan social pour optimiser la charge fiscale liée à l'indemnité reçue.