Lexique du travail en Suisse : les termes essentiels
Le droit du travail suisse se lit dans des textes légaux qui empruntent des abréviations propres au pays : CO, LPP, AVS, LAMal, LACI, CCT, LTr. Un candidat qui arrive sur le marché romand sans connaître ces sigles navigue à vue dans les annonces, les contrats et les discussions sur les avantages. La méconnaissance du vocabulaire coûte concrètement : un salarié qui ne comprend pas la différence entre gain assuré et salaire brut ne peut pas calculer ses droits à l'indemnité chômage ; un candidat qui ignore la distinction entre permis B et permis G ne peut pas estimer l'impact de son statut sur sa déclaration fiscale. Le Code des obligations compte plus de 1 000 articles. Ce lexique extrait les définitions que tout salarié romand rencontrera dans sa vie professionnelle, avec des liens vers les guides détaillés pour chaque notion.
Le jargon suisse du travail ressemble au plan du réseau CFF : les trajets sont logiques, les correspondances sont bien conçues, mais sans avoir la carte en main lors du premier voyage, on rate les connexions. Prévoyance, permis de travail, droit du travail, rémunération : chaque domaine utilise ses propres acronymes et ses propres règles. Les définitions ci-dessous sont organisées par thème pour permettre une lecture rapide ou une recherche par contexte.
Prévoyance sociale et cotisations
- AVS : Assurance vieillesse et survivants, premier pilier de la retraite suisse. Cotisation obligatoire de 10,6 % partagée entre employeur et salarié.
- LPP : Loi sur la prévoyance professionnelle, deuxième pilier. Caisse de pension d'entreprise, cotisations qui varient selon l'âge.
- 13e salaire : Mois de salaire supplémentaire versé en fin d'année, souvent prévu par CCT ou contrat de travail.
Permis de travail et séjour
- Permis B : Autorisation de séjour temporaire, accordée sur présentation d'un contrat de travail. Durée : 5 ans (CDI) ou durée du contrat (CDD).
- Permis C : Autorisation d'établissement permanent, accordée après 5 ans (UE/AELE) ou 10 ans (hors UE). Droits quasi équivalents aux ressortissants suisses.
- Permis G : Autorisation du travailleur frontalier, résidant à l'étranger et travaillant en Suisse. Retour hebdomadaire obligatoire au domicile.
Chômage et marché du travail
- ORP (Office régional de placement) : organisme cantonal qui suit les demandeurs d'emploi et gère l'accès aux mesures de marché du travail (MMT).
- Gain assuré : base de calcul des indemnités chômage, égale au salaire moyen des derniers mois, plafonnée à 148 200 CHF annuels (2026).
Droit du travail et rémunération
- CCT (Convention collective de travail) : accord entre syndicats et employeurs qui fixe les conditions minimales de travail dans un secteur ou une entreprise.
- LAMal : Loi fédérale sur l'assurance-maladie obligatoire en Suisse. Obligation d'affiliation pour tout résident, franchise modulable, primes variables par canton.
Questions fréquentes sur le lexique du travail en Suisse
Quelle est la différence entre l'AVS et la LPP en Suisse ?
L'AVS (Assurance vieillesse et survivants) est le premier pilier de la retraite suisse : cotisation obligatoire de 10,6 % du salaire brut partagée entre employeur et salarié, gérée par la Confédération. La LPP (Loi sur la prévoyance professionnelle) est le deuxième pilier : cotisations gérées par la caisse de pension de l'employeur, dont les taux varient selon l'âge du salarié. Ces deux systèmes sont cumulatifs : chaque salarié cotise aux deux simultanément.
Qu'est-ce qu'une CCT et comment savoir si elle s'applique à son emploi ?
Une CCT (Convention collective de travail) est un accord entre partenaires sociaux qui fixe des conditions minimales pour un secteur ou une entreprise. Pour savoir si une CCT s'applique, il faut vérifier le secteur d'activité de l'employeur, son canton d'établissement, et si la CCT a été déclarée de force obligatoire (DFO) par le Conseil fédéral ou le canton. Le Secrétariat d'État à l'économie (Seco) publie la liste des CCT en vigueur.
Le 13e salaire est-il obligatoire en Suisse ?
Le 13e salaire n'est pas obligatoire en droit suisse sauf lorsqu'une CCT le prévoit expressément. En pratique, il est très répandu : la grande majorité des grandes entreprises suisses et de nombreuses PME le versent. S'il est versé de manière répétée sans être inscrit dans le contrat ou la CCT, il peut devenir un droit acquis par usage, invocable par le salarié.