Mis à jour : mars 2026

Les taux d'activité courants en Suisse romande : 50 %, 60 %, 80 % et 100 %. Le 80 % est le plus courant parmi les salariés qui réduisent leur temps de travail, il permet de maintenir les droits à la LPP (le seuil d'entrée est atteint à 80 % pour la plupart des salaires) et de garder un impact limité sur les droits au chômage.

Un point crucial souvent mal compris : travailler à temps partiel ne réduit pas seulement le salaire proportionnellement, cela peut affecter la prévoyance professionnelle de façon disproportionnée si le salaire annuel descend sous le seuil d'accès à la LPP (22 050 CHF en 2026).

Temps partiel en Suisse : les impacts à connaître
  • Salaire : proraté au taux d'activité (80 % = 80 % du salaire 100 %).
  • LPP : accessible si le salaire annuel dépasse 22 050 CHF. En dessous, aucune cotisation obligatoire.
  • Chômage : les indemnités AC sont calculées sur le salaire assuré au moment du chômage : un long temps partiel réduit le montant des indemnités futures.
  • AVS : les cotisations sont calculées sur le revenu effectif, sans plancher. Pas d'impact de seuil.
  • Congé maladie et maternité : calculés sur le salaire effectif (temps partiel).

Le calcul du salaire à temps partiel

Le salaire à temps partiel est calculé proportionnellement au taux d'activité : un salaire de 7 000 CHF à 100 % donne 5 600 CHF à 80 % et 3 500 CHF à 50 %. Aucune règle légale n'interdit de proposer un salaire horaire inférieur à un temps partiel par rapport à un temps plein équivalent, mais les CCT sectorielles et les bonnes pratiques imposent une équivalence.

Les avantages en nature (voiture de fonction, téléphone, tickets repas) sont souvent maintenus en totalité dans les postes à temps partiel, ce qui crée un avantage relatif. L'indemnité de vacances est calculée sur le salaire effectif au taux d'activité.

Le 13e salaire à temps partiel est calculé sur le salaire annuel effectif au taux d'activité : un employé à 80 % qui gagne 5 600 CHF/mois a un 13e salaire de 5 600 CHF (pas 7 000 CHF).

L'impact sur la LPP : le risque sous-estimé

La Loi sur la prévoyance professionnelle (LPP) prévoit un seuil d'entrée (coordination LPP) : en 2026, le salaire annuel doit dépasser 22 050 CHF pour être couvert par la LPP obligatoire. Ce seuil est un piège pour les salariés à faible taux d'activité ou à bas salaire horaire.

Exemple : une personne qui travaille à 30 % pour un salaire horaire de 25 CHF et environ 15 heures par semaine gagne environ 19 500 CHF annuels, sous le seuil LPP. Elle ne cotise pas à la prévoyance professionnelle et n'accumule aucun capital de retraite du 2e pilier. Sur 10 ans, cet écart peut représenter une perte de capital retraite de 50 000 à 80 000 CHF selon les projections.

La solution : certaines caisses de pension proposent une affiliation volontaire pour les salaires sous le seuil. Le 3e pilier (pilier 3a) est une alternative pour compenser : les cotisations sont déductibles fiscalement jusqu'à 7 056 CHF annuels (2026) pour les salariés.

Négocier un passage au temps partiel avec son employeur

Il n'existe pas de droit légal général au temps partiel en Suisse : l'employeur peut refuser une demande si des raisons opérationnelles le justifient. Mais dans les faits, beaucoup d'employeurs acceptent les demandes de réduction de temps de travail pour des raisons de rétention et parce que le travail à temps partiel est une pratique ancrée dans la culture suisse.

La méthode pour obtenir un accord : anticiper (demander 3 à 6 mois à l'avance), proposer une solution organisationnelle (comment le travail sera couvert pendant l'absence), et si possible, démontrer que la productivité à 80 % est comparable à 100 % dans votre type de poste. Les employeurs qui voient une solution plutôt qu'un problème disent oui plus facilement.


Questions fréquentes

Peut-on cumuler plusieurs emplois à temps partiel en Suisse romande ?

Oui, le cumul est légal sous réserve que les obligations de non-concurrence contractuelles soient respectées. Les cotisations AVS et LPP sont calculées sur le revenu total de tous les employeurs. Si chaque employeur déclare ses versements séparément, les cotisations sont prélevées sur chaque salaire individuellement, ce qui peut créer une sous-cotisation LPP si aucun salaire ne dépasse le seuil d'entrée.

Un employeur peut-il imposer un passage au temps partiel contre le gré du salarié ?

Oui, mais c'est une modification substantielle du contrat de travail qui nécessite un préavis de résiliation (avec proposition de modification) ou l'accord du salarié. Si l'employeur réduit unilatéralement le taux d'activité sans accord, le salarié peut refuser et traiter cela comme une résiliation de fait (licenciement déguisé). Il est recommandé de consulter un syndicat ou un avocat dans cette situation.

Le temps partiel affecte-t-il les droits au chômage en Suisse ?

Oui. Les indemnités chômage sont calculées sur le gain assuré : le salaire des 6 à 12 derniers mois. Un salarié ayant travaillé à 60 % pendant les 2 ans précédant le chômage verra ses indemnités calculées sur le salaire à 60 %. Un passage de 100 % à 60 % l'année précédant un éventuel chômage réduit donc les indemnités futures.

CV pour un poste à temps partiel Upreer adapte votre CV pour les postes à temps partiel et les situations de changement de taux d'activité en Suisse romande. Essai gratuit.
Optimiser mon CV →